Mercredi 8 juillet 2009
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19:45
Un peu de criticature... pour reprendre le journal...
Dans le lot des dernières lectures marquantes... tout d'abord l'immense
Théorie des Cordes de José Carlos SOMOSA (babel). Une oeuvre d'une force narrative rarement, très rarement
vue auparavent. Une intrigue parfaitement ficelée, un soupçon de SF, une très grande subtilité psychologique et une bonne profondeur des personnages. Tout y est entrelacements, comme l'ouverture
d'une corde qui se referme sur vous comme un piège. On entre dans le livre et on se perd dans les dimensions du temps, emportés par une narration parfaitement taillée pour faire naître et maintenir
le long des 600 pages de l'ouvrage, une atmosphère d'anxiété permanente. On s'accroche alors à des éléments de certitude que l'on croit avoir identifié pour se rassurer, et l'auteur en un détour de
plume, remet sens dessus-dessous la direction des choses et nous revoilà déstabilisés à nouveau, perdant toute foi en toute chose et ne sachant plus le vrai du faux, l'illusion de la réalité. Une
magnifique et magistrale expérience d'un monde pluri-dimensionel, dans lequel Somosa invite, ou plutôt contraint ses lecteurs à vivre. Une contrainte à laquelle on se soumet bien volontiers il faut
le dire et dont au fur et à mesure des pages, on en vient à espérer qu'elle dure longtemps... très longtemps. Une lecture haletante et dont j'ai, à chaque fois, eu beaucoup de mal à sortir. Et pour
l'instant, mon livre de l'année !
Titre original de l'oeuvre (espagnol) :
Zigzag.
Autre ouvrage,
La Transmigration de Timothy Archer, par Philip K. DICK ! Volume 3 et dernier, de la Trilogie Divine.
Finalement le moins SF des trois volumes. Nouvel opus qui poursuit la réflexion sous un autre angle, à travers de nouveaux personnages, mais avec la même triste destinée : vie-maladie-mort, lien
inexorable, fatalité incompréhensible, horreur d'une condition humaine bien tragique. Et l'interminable, impossible recherche d'une issue à cette mort, issue salvatrice, le divin, le mythe,
l'invention d'une transcendance, d'une explication à tout, qui ne mène en tout état de cause qu'à la folie. La maladie de l'introspection et du questionnement intellectuel permanent, se caractérise
par la maladie des mots dans laquelle se noient les personnages et qui, au lieu d'être une voie de salut, devient un nouveau et dangereux cul-de-sac. De la souffrance naît la connaissance, mais
aussi la folie. Alors se réfugier dans le concret, s'accrocher à "la vie réelle" ? c'est somme toute une formule de moindre mal qui nous est proposée. Au bout de la trilogie divine, arrêter de
gloser sur l'au-delà, se remettre à réparer les voitures et repeindre les carrosseries. Bon, rien de très original dans ce que propose ce dernier tome... ouvrage de qualité, mais le moins
pétillant, le moins inspiré des trois.
Deux citations tirées du bouquin pour finir, et laisser au goût des lecteurs :
"L'ennui quand on fait des études, c'est que ça dure longtemps; ça vous suce la meilleure partie de la vie et quand vous avez fini, vous savez une chose, c'est que vous auriez mieux fait
d'embrasser la carrière bancaire."
"Angel Archer, vous êtes dans l'erreur en ce qui vous concerne. Vous n'êtes pas malade,
vous êtes affamée. Ce qui vous tue c'est la faim. Les mots n'y sont pour rien. (...) C'est pas le
domaine spirituel qui vous aidera. Vous n'en avez pas besoin, il y a trop de spiritualité dans le monde, beaucoup trop. Vous êtes une sotte, Angel Archer, mais pas dans la bonne catégorie des sots.
Il vous faut des vrais aliments et de la vraie boisson (...) Quand les gens viennent ici pour m'écouter parler, je leur donne un sandwich. Les sots écoutent mes paroles; les sages mangent le
sandwich."
Entre autres lectures en cours sinon :
La guerre des Gaules de César. Une autre affaire, mais un sacré ouvrage aussi.
Salam.