Puzzle Journal
"La structuration de l'identité épouse la structuration des systèmes de pouvoir à l'échelle mondiale" G.Corm.
"La structuration de l'identité épouse la structuration des systèmes de pouvoir à l'échelle mondiale" G.Corm.
Au milieu de ce gigantesque foutoir mondial, de bourses en déconfiture, de banques géantes en faillite, d'anciens beugleurs professionnels et primaires de l'anti-étatisme, de
nouveaux amoureux et adeptes de l'interventionnisme public salvateur, d'anciens jongleurs enivrés et funambules de la finance, au milieu de ce foutoir international, peut-être enfin la fin de
l'idéologie écrasante, totalitaire, post-guerre froide, arrogante et impérialiste, néo-libérale !!
Où sont-ils tous ceux qui nuit et jour vous traitaient de vieux ringard poussièreux archaïque soviétique affreux lorsque vous osiez dire que croire une seule seconde que la
seule "main invisible" et forcément magique scientifique indéniable du marché pouvait tout réguler, harmoniser pour le plus grand bien de l'humanité et du progrès, y
croire une seule seconde ne pouvait pas être sérieux... ou de bonne foi. Que seulement, pour un petit chouïa de micro régulation publique, un poil de service public ici ou là à
sauvegarder, on se sentait honteux, timoré, manquant d'imagination ou d'audace !! et la gauche de tenter de se maquiller, et de se remaquiller, qu'elle n'est pas de gauche, pas
socialiste, mais libérale aussi, tout autant que les autres, sociale un peu seulement, mais libérale surtout !
Alors certes, après avoir déshabillé les Etats, réduit les moyens de régulation publique à néant, privatisé jusqu'à ce qui n'est pas privatisable, vendu, bradé, flambé, après s'être privé de
tout outil de politique économique, laissant aux opérateurs privés la toute-puissance de maîtrise et de gestion du système, on prend froid subitement maintenant que l'orage a éclaté et qu'on est
à poil !
Et les mêmes qui beuglaient, ricanaient aux nez des archaïques moches, aujourd'hui présentent leurs suppliques à... l'horrible ennemi d'hier, celui qu'il fallait abattre, l'Etat !
Et le plus drôle, c'est que les élus à la tête de l'Etat, qui ont été eux-mêmes premiers déshabilleurs du même Etat, portés par les jongleurs de la finance au pouvoir public pour l'assassiner,
assument dans ce joyeux bazar, sans honte, sans vergogne, le rôle de sauveurs indignés par les agissements immoraux (ah la morale, l'éthique !!) des méchants banquiers qui nous mettent
dedans par leur insousciance. Et ils nous proposent allègrement un sauvetage pour la mafia de la finance grâce à nos propres contributions publiques.
La partie est belle ! ficelée comme il faut ! si tu donnes pas, de toute façon, tu meures avec le système...
Heureusement que la morale est sauve ! le MEDEF a décidé d'en finir avec les parachutes dorés ! Ouf ! On peut périr tranquille ! Les financiers pourront toujours taquiner
l'économie avec légèreté, mais au moins, ils ne partiront plus avec leur parachute, seulement leurs comptes en Suisse. Trop dûr, mais ils avaient qu'à pas...
Et pour finir, à mort Hugo Chavez, cette horreur libérale qui n'osera jamais nationaliser les banques de son pays aussi vite que l'administration Bush ! encore une preuve s'il le fallait,
que ce monsieur n'aime pas son peuple...
Où étais-tu Popol ? où étais-tu les jours de grand orage ? sur ta barque réfugié tandis que nous regardions le ciel s'assombrir !
Tu n'as rien compris ! rien de ce que nous avons vécu, nous autres restés sur terre ! Tu as joué à l'homme seul, à celui qui désespère des hommes, drapé de ton nihilisme là où nous
affrontions les balles ! Qu'as-tu fais de ta soeur ? qu'as-tu dis à ta mère ? Le jour où le ciel s'est assombri et que les bombes sont tombées d'une pluie averse sur la ville ! Comment
as-tu expliqué ton histoire aux poissons qui t'accompagnent désormais ? quel nouveau passé as-tu pu t'inventer pour pouvoir te fuire comme tu as fuit ton pays ?
Qu'as-tu compris de l'inimaginable fragmentation que nous avons connu ensuite ? les murs qui se dressaient lentement, sans discontinuer, entre chaque morceau de terre, entre chaque village,
entre chaque quartier, entre chaque famille, entre chacun avec l'autre et avec lui-même ! la panne de la parole, ultime, durable ! l'affaissement des repères, la perte de soi !
Qu'as-tu connu du règne de l'invective, du verbe craché, hurlé ?
Réfugié sur ta barque, regardant le monde avec dégoût, tu t'es offert un luxe auquel nous ne pouvions penser ! te regarder, toi et ta vie, te lamenter sur ta vie et sur toi ! des
malheurs du monde et de son absolue vacuité !
Mais qu'as-tu connu des malheurs du monde dont nous déjeunions tous les midis, dont nous dînions tous les soirs, dont nous rêvions toutes les nuits ? Nos lumières nocturnes étaient faites des
fusées brûlantes de la terreur et de la mort et nos pensées étaient occupées à trouver nourriture et refuge pour nos fils !
Qu'as-tu pensé lorsque de loin, tu voyais s'embraser les collines ? Qu'as-tu senti lorsque la misère s'est emparée de nos foyers et de nos vies, et qu'elle nous a traîné dans les rues sans
sourciller ?
Ton roman est un mythe que tu as trempé dans les mers et qui fuit comme les eaux la véritable histoire de ta vie. Approche-toi de moi Popol, que je te raconte à nouveau la bêtise et la guerre, la
vraie, l'infinie bêtise et l'histoire de ceux qui l'ont vécue et cultivée.
Rien à dire, c'est définitivement le mot à la mode dans ce début de siècle ! L'actualité de ce mot c'est son utilisation par Sarkozy d'un côté, qui cache joliment bien des révolutions culturelles et politiques en France en cours et qui sont bien réelles : le retour du travail quel qu'il soit et dans n'importe quels conditions en tête des valeurs publiques... le creusement des sillons de l'individualisme et le démembrement accentué des solidarités collectives... l'accentuation de la responsabilisation de l'individu dans tout ce qui lui arrive et de l'innocentement de la société, du système économique et social, des structures en place, de tout impact sur la vie individuelle !! Ce projet de civilisation est une gigantesque réaction en mouvement, qui sape les derniers bastions des théories structuralistes ou matérialistes notamment. Depuis Durkheim jusqu'à Bourdieu, les acquis de la sociologie française qui ont nourri les pensées hexagonales sont en danger. Le modèle est extérieur ! il est anglo-saxon. Il est dans le mirage de la réussite individuelle qui serait strictement et premièrement due à la volonté, à la rigueur, au travail, au courage etc. Un équilibre est toujours à trouver entre individu et collectivité, certes... mais il semble bien que derrière les beaux discours, la réalité qui se construit soit progressivement et sûrement en train de basculer dans le sens du premier, livré à lui-même, en dehors de toute prise en compte des multiples déterminismes qu'il peut subir.
L'autre actualité du mot (dans un autre registre) c'est dans le lancement de la conférence internationale de l'Alliance des civilisations sous l'initiative de JL. Zapatero. Pour
contrer le clash des civilisations de Huntington et des amis de Bush d'un côté, et l'appel permanent à la haine civilisationnelle des Ben Laden's, le premier ministre d'Espagne
avait lancé cette initiative sympathique et positive après les attentats de Madrid. Elle peut avoir cet intérêt de lancer une autre forme de message dans un brouhaha de cris de haines
et d'hystérie. En effet... mais l'alliance des civilisations, ça n'est jamais qu'un renversement d'un concept qui déjà en lui-même est erroné. Il ne peut y avoir alliance de civilisations s'il
n'y a pas clash de civilisations.. et dès lors que nous croyons fermement qu'il n'y a pas clash de civilisations, mais conflits d'intérêts, questions politiques et géopolitiques, questions
économiques et géostratégiques, questions de Droit international et de déni de Droit, il ne peut dès lors y avoir d'alliance de civilisations... en dehors d'un théâtre symbolique pour télévision
et projecteurs. Nous ne disons pas qu'il n'existe pas de cultures différentes, voire même de civilisations différentes, mais nous disons que ce n'est pas là, la cause des conflits
actuels. La frontière ne passe pas par là ! mais par bien d'autres voies et elle est bien moins lisible que par la simple désignation de pays qui seraient d'un bord et d'autres de
l'autre !
Et malheureusement, derrière cette probable volonté positive de conciliation et de paix, il ne peut en ressortir que l'accréditation de la théorie absolument fallacieuse de l'existence de
civilisations opposées par le seul fait de leurs différences culturelles.
L'écriture orgasmique qui se tait
Se tord
Se tarit
Se tue
- Encéphalogramme plat !
Le travail...
Le travail
Le travail
Autre sujet : lectures terminées :
Elias Khoury : Un parfum de Paradis ! (Collection BABEL)
Chef d'oeuvre !! une histoire qui raconte l'absurdité de la guerre ! celle du Liban. La progressive chute dans une douce et banale folie. Une histoire eclatée d'un pays écartelé ! Et un
narrateur qui ne sait plus ! tout se vaut ! plus rien ne vaut ! Et une myriade de personnages pris au piège, grand piège qui les dépasse, filet géant dans lequel ils se débattent ! une myriade
d'hommes et de femmes auxquels on s'attache, très vite, dont on partage des bouts de vie, des bouts de tragédie, l'innocence, la bonté, la naïveté, la cruauté et la bêtise ! Au coeur de
l'histoire, un meurtre non élucidé... et puis au fil de l'histoire, les drames de chacun et puis la mort, partout... alors un meurtre, finalement, qu'est-ce que ça peut faire... quelle importance
quand tout fout le camp !
Le style enfin ! un mélange subtil de langage parlé, de langage plus classique. Tout en suggestions, tout en finesse. Pas de discours ! rien qui pèse ou qui pose, comme aurait dit
l'autre; ironique et désabusé ! La traduction de Barbulesco est très réussie et fait entendre à ceux qui le connaissent, toutes les intonations du
dialecte arabe oriental.
Et puis une trame narrative qui coule, d'anecdotes en parenthèses, les témoignages des personnages avancent par rebonds, et tout un panorama de la vie libanaise s'offre alors au
lecteur.
Senteurs d'enfer et parfum de paradis perdu. Ce roman est à lire à tous prix !
Lectures en cours :
- Elias Khoury (itou) : La porte du soleil. (BABEL)
Le roman le plus connu de l'auteur. Le récit par excellence de l'exode palestinien, raconté depuis le camp de réfugiés
meurtri de Chatila, au Liban.
- Jack Kerouac : Vraie blonde et autres... (Folio)
Assemblage de petits textes, essais, nouvelles, critiques, de l'auteur, dont des passages sur l'écriture automatique
notamment.
***
Sinon à ma télé, en direct, Tony Blair qui commente le voyage de Bush en Palestine-Israël et ses propositions, il dit :" J'ai peu d'espoir, je crois qu'il n'en sortira pas grand chose...
mais je crois qu'il faut faire quelque chose"
On attend bien de ce mec qu'il contribue au règlement du conflit israélo-palestinien... magnifique.
Bon, ce post est un fourre-tout abominable, pas le temps pour organiser un vrai article en ce moment... mes dessous des barbes m'attendent et prennent du retard
! elles s'impatientent...
En attendant, je classe cet article dans la criticature... . Tant pis pour elle !
Cet extrait des Nouvelles d'Orient sur le site du Monde Diplo, par Alain Gresh
« L’Iran n’a pas de programme militaire nucléaire »
"Un rapport publié par National Intelligence Council, un organisme qui coordonne les 16 services de renseignement américains, a été rendu public sous le titre Iran : Nuclear Intentions and Capabilities (novembre 2007). Voici quelques-unes de ses appréciations :
« Nous estimons, avec un haut degré de certitude (high confidence) que, à la fin 2003, Téhéran a arrêté son programme nucléaire d’armement ; nous estimons, avec une confiance entre modérée et forte, que Téhéran, au minimum, laisse ouverte l’option du développement d’armes nucléaires. Nous pensons, avec un haut niveau de certitude, que l’annonce par Téhéran de son intention de suspendre son programme d’enrichissement d’uranium et de signer le protocole additionnel du Traité de non prolifération a été faite pour répondre aux pressions croissantes du contrôle international et aux pressions dues au dévoilement des activités nucléaires non déclarées. »
Le rapport poursuit en affirmant que l’Iran n’avait pas repris son programme militaire nucléaire à la mi-2007.
Le rapport juge, avec une confiance modérée (with moderate confidence) que l’Iran ne pourra pas produire assez d’uranium enrichi avant la fin 2009 (mais que cette date est très improbable). Selon les estimations, la date plausible devrait se situer entre 2010 et 2015, mais il se pourrait que, même en 2015, l’Iran ne soit pas capable de produire assez d’uranium enrichi.
Quelques petites remarques : en 2003, quand, d’après ce rapport, Téhéran suspend son programme militaire, aucune sanction n’a été adoptée par la « communauté internationale » contre l’Iran. On ne peut donc interpréter cet acte comme le résultat de sanctions. Ce qui est vrai, c’est que, à l’époque, les Etats-Unis et l’Iran sont dans une période de relative détente puisqu’ils collaborent en Afghanistan et en Irak ; et que le gouvernement de Téhéran a fait des ouvertures pour une négociation globale avec Washington..."
Autres citations de réactions internationales à propos de ce rapport :
Israël : Le premier ministre Ehoud Olmert a déclaré que le rapport justifiait les sanctions, tandis que le ministre de la défense Ehoud Barak affirme : « Il semble que l’Iran a arrêté pendant une certaine période en 2003 son programme nucléaire militaire, mais, pour autant que nous le sachions, il l’a probablement repris. »
France : La France a estimé mardi qu’il fallait "continuer à maintenir la pression sur l’Iran (...) qu’il fallait poursuivre la préparation d’une résolution de mesures contraignantes" au Conseil de sécurité de l’ONU contre Téhéran. "Il apparaît que l’Iran ne respecte pas ses obligations internationales"... etc etc.
Fin de citation.
Il ne faut pas oublier en passant, que l'Irak n'a même pas eu à développer des armes de destruction massive pour que les américains y interviennent...
L'Iran, depuis toujours, bien avant les mollahs, a eu une politique régionale de puissance; une ambition somme toute légitime pour un Etat au potentiel important, à l'histoire riche et influente. Le Shah avait été évincé à son époque notamment, parce qu'il avait nourri ces mêmes ambitions et le régime actuel, est, comme l'a été le régime stalinien en URSS avec l'ère tsariste, dans la continuité historique de la Perse. Alors, l'option aujourd'hui est double : ou alors on suit la voie dure et guerrière des Faucons et de leurs sbires, ou alors on reconnaît à l'Iran sa place légitime et on lui négocie des compensations réelles à l'abandon définitif de son programme nucléaire militaire. Des courants défendant cette ligne existent aussi, tout autant aux Etats-Unis qu'en Europe. C'est aussi la ligne défendue par la Russie naturellement.
Enfin, il y a la question locale : la puissance iranienne a toujours inquiété les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête. De même, elle inquiète Israël, seule puissance nucléaire du Proche-Orient... et elle a des répercutions sur les questions intérieures irakiennes et libanaises...
Nous reviendrons sur l'ensemble de ces questions dans la suite des Dessous des Barbes notamment...
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