Puzzle Journal
"La structuration de l'identité épouse la structuration des systèmes de pouvoir à l'échelle mondiale" G.Corm.
"La structuration de l'identité épouse la structuration des systèmes de pouvoir à l'échelle mondiale" G.Corm.
Toujours aussi peu d'espace pour écrire... mais on fait avec et on profite des petits moments de liberté sauvegardés pour y revenir; ces moments où le vase est plein et peut déborder. On se
nourrit au fur et à mesure des jours qui passent, des actualités de la vie, de ses contradictions, de ses paradoxes ! de la bêtise collective qui ne connaît pas de crise, des réflexions
agglomérées qui sous les coups du hasard, et profitant d'un temps de liberté glissé entre deux actions, arrivent à affleurer en écriture pour se produire en un semblant de pensée organisée
!
Le puzzle journal porte ainsi bien son nom ! Des bribes de machins récupérés ici et là, quand on peut, entre deux rendez-vous et autres tracasseries quotidiennes, idées fugaces ou réactions
momentanées au monde... volés aux contraintes du temps-horaire !
Alors parmi les urgences, dire l'extrème pauvreté de l'expression artistique ou littéraire qui ne sait pas se contenter de suggérer... mais qui se plaît à tout montrer, tout dire ! pensant à
tort, mille fois à tort, que l'évocation d'éléments provocants, dans leur état brut suffit pour faire art ! Oui, il ne suffit pas de dire BEAU pour que cela soit beau ! ou de dire aimer manger de
la merde pour être l'immense provocateur, maître de l'innovation ! Réflexion faite après visionnage d'un documentaire sur Arte autour du sujet il y a quelques jours de cela. "Les artistes" qui
investissent tout leur art dans l'unique brutalité de l'expression entière et nue, qui ne sait pas se laisser découvrir, qui ne sait pas garder un peu de pudeur, sont ce qu'est le fast food
à la gastronomie. Une approche du court terme ! qui bourre l'esprit sur un temps rapide et disparaît tout aussi vite après, sans laisser de trace dans les poubelles de l'histoire. L'art de
la suggestion parle à l'intelligence du lecteur. Celui de la provocation bête et brute méprise son lecteur et commet un pêché de vanité qui dévoile une carrence profonde d'imagination, de finesse
et de méconnaissance de l'esprit humain.
Autre urgence sinon : qui fera enfin taire Jacques Attali ? et surtout, QUAND ?
On ne verra plus W ! Mais la politique américaine changera-t-elle pour autant ?
Bon, Dubbleyou nous a (enfin) quitté aujourd'hui... on ne le verra plus, c'est déjà ça !!!
Quant à la suite... les carcasses qu'il laisse, et puis la véritable valeur de son successeur, on en parlera plus tard. Parce que tout sympathique et symbole d'espoir qu'il veut
être, il n'en sera pas moins sujet aux groupes de pressions et aux différents lobbys qui impriment leurs intérêt sur ce pays et le monde depuis des années... Quelle marge de manoeuvre
aura-t-il ?
Je ne suis pas à nier toute capacité individuelle à faire bouger quelques lignes dans la vie, je ne crois pas une seule seconde pour autant à la supérioté de celle-ci sur le poids des
systèmes, des structures... pour réussir, il faudra faire monter face aux courants contraires, et intelligemment, des courants inverses qui soient aussi puissants. Est-on aujourd'hui dans un
contexte politique, socio-économique favorable à cela ? A voir. Les infrastructures (pour parler en langage marxiste) sont-elles prêtes à modifier les superstructures ? Ou sommes-nous seulement
dans un changement de façade... de superstructure ?
Et pendant ce temps... au Proche-Orient...
Le territoire palestinien de Gaza fume encore des masses de bombes déversées sur ses terres... provoquant destructions, désolation, morts, sur un territoire sous blocus économique depuis 2
ans, où la population vivait déjà à 80% sous le seuil de pauvreté (chiffre doublé en moins de 10 ans), emprisonnée, prise au piège d'une stratégie locale, régionale et internationale
incompréhensible... et où finalement la mort apparaît être l'unique et salvatrice issue !
Là aussi, que dire ? quels leçons tirer des 15 jours de furie que nous avons connu ?
Quels objectifs à cette bataille absurde où soi-disant pour arrêter le lancement de roquettes artisanales ridicules que l'on peut monter et lancer de n'importe quel coin, on rase des quartiers
entiers, on écrase à coups de gros sabots, on massacre à grande échelle ? quels résultats finalement ? Le Hamas a-t-il été détruit ? visiblement non. Tous ses chefs sont encore là. Tous
s'expriment et s'exclament en vainqueurs ? Alors pourquoi 1000 morts de plus, la destruction des universités de Gaza, des hôpitaux, des écoles de l'ONU et les autres ? tout cela pour deux
vitres cassées à Sderot et 4 blessés légers ? pour protéger le citoyen israélien, on sème cent fois plus de haine et de ressentiment ? Etrange... illisible à première vue.
Il faudra laisser un peu retomber la chaleur brûlante de l'actualité pour en faire un bilan plus posé.
A suivre donc.
En France enfin...
Christine Lagarde exulte : elle a imposé aux patrons des grosses boutiques du CAC et des sympathiques banques qui ont fichu le bazar dans toute l'économie pour les 2 années à venir au
moins, de ne pas toucher leurs bonus s'ils veulent avoir de l'aide de l'Etat !!! Oh la méchante !!! ça, c'est de la graine de ministre qui va relancer l'hexagone !
En revanche, une entrée de l'Etat dans les conseils d'administrations de ces nobles entreprises pour contrôler un peu plus l'utilisation des subventions publiques accordées pour relancer
l'économie, n'est pas à l'ordre du jour. On leur dit seulement :"Attention, si vous êtes pas gentils, que vous ne réinvestissez pas l'argent dans l'économie productive, et bien... on le
dénoncera, et publiquement en plus."
Ouh là là, c'est très flippant cette détermination de la puissance publique... on ne les retient plus ! ils virent carrément extrème !
Ah la moralisation du capitalisme ! une sacrée trouvaille celle-là...
Fais tes petits cacas partout, mais évite de parader en porsche en plus, disons jusqu'à ce que toute trace odorante un poil trop marquée, ait disparu !
Au milieu de ce gigantesque foutoir mondial, de bourses en déconfiture, de banques géantes en faillite, d'anciens beugleurs professionnels et primaires de l'anti-étatisme, de
nouveaux amoureux et adeptes de l'interventionnisme public salvateur, d'anciens jongleurs enivrés et funambules de la finance, au milieu de ce foutoir international, peut-être enfin la fin de
l'idéologie écrasante, totalitaire, post-guerre froide, arrogante et impérialiste, néo-libérale !!
Où sont-ils tous ceux qui nuit et jour vous traitaient de vieux ringard poussièreux archaïque soviétique affreux lorsque vous osiez dire que croire une seule seconde que la
seule "main invisible" et forcément magique scientifique indéniable du marché pouvait tout réguler, harmoniser pour le plus grand bien de l'humanité et du progrès, y
croire une seule seconde ne pouvait pas être sérieux... ou de bonne foi. Que seulement, pour un petit chouïa de micro régulation publique, un poil de service public ici ou là à
sauvegarder, on se sentait honteux, timoré, manquant d'imagination ou d'audace !! et la gauche de tenter de se maquiller, et de se remaquiller, qu'elle n'est pas de gauche, pas
socialiste, mais libérale aussi, tout autant que les autres, sociale un peu seulement, mais libérale surtout !
Alors certes, après avoir déshabillé les Etats, réduit les moyens de régulation publique à néant, privatisé jusqu'à ce qui n'est pas privatisable, vendu, bradé, flambé, après s'être privé de
tout outil de politique économique, laissant aux opérateurs privés la toute-puissance de maîtrise et de gestion du système, on prend froid subitement maintenant que l'orage a éclaté et qu'on est
à poil !
Et les mêmes qui beuglaient, ricanaient aux nez des archaïques moches, aujourd'hui présentent leurs suppliques à... l'horrible ennemi d'hier, celui qu'il fallait abattre, l'Etat !
Et le plus drôle, c'est que les élus à la tête de l'Etat, qui ont été eux-mêmes premiers déshabilleurs du même Etat, portés par les jongleurs de la finance au pouvoir public pour l'assassiner,
assument dans ce joyeux bazar, sans honte, sans vergogne, le rôle de sauveurs indignés par les agissements immoraux (ah la morale, l'éthique !!) des méchants banquiers qui nous mettent
dedans par leur insousciance. Et ils nous proposent allègrement un sauvetage pour la mafia de la finance grâce à nos propres contributions publiques.
La partie est belle ! ficelée comme il faut ! si tu donnes pas, de toute façon, tu meures avec le système...
Heureusement que la morale est sauve ! le MEDEF a décidé d'en finir avec les parachutes dorés ! Ouf ! On peut périr tranquille ! Les financiers pourront toujours taquiner
l'économie avec légèreté, mais au moins, ils ne partiront plus avec leur parachute, seulement leurs comptes en Suisse. Trop dûr, mais ils avaient qu'à pas...
Et pour finir, à mort Hugo Chavez, cette horreur libérale qui n'osera jamais nationaliser les banques de son pays aussi vite que l'administration Bush ! encore une preuve s'il le fallait,
que ce monsieur n'aime pas son peuple...
Où étais-tu Popol ? où étais-tu les jours de grand orage ? sur ta barque réfugié tandis que nous regardions le ciel s'assombrir !
Tu n'as rien compris ! rien de ce que nous avons vécu, nous autres restés sur terre ! Tu as joué à l'homme seul, à celui qui désespère des hommes, drapé de ton nihilisme là où nous
affrontions les balles ! Qu'as-tu fais de ta soeur ? qu'as-tu dis à ta mère ? Le jour où le ciel s'est assombri et que les bombes sont tombées d'une pluie averse sur la ville ! Comment
as-tu expliqué ton histoire aux poissons qui t'accompagnent désormais ? quel nouveau passé as-tu pu t'inventer pour pouvoir te fuire comme tu as fuit ton pays ?
Qu'as-tu compris de l'inimaginable fragmentation que nous avons connu ensuite ? les murs qui se dressaient lentement, sans discontinuer, entre chaque morceau de terre, entre chaque village,
entre chaque quartier, entre chaque famille, entre chacun avec l'autre et avec lui-même ! la panne de la parole, ultime, durable ! l'affaissement des repères, la perte de soi !
Qu'as-tu connu du règne de l'invective, du verbe craché, hurlé ?
Réfugié sur ta barque, regardant le monde avec dégoût, tu t'es offert un luxe auquel nous ne pouvions penser ! te regarder, toi et ta vie, te lamenter sur ta vie et sur toi ! des
malheurs du monde et de son absolue vacuité !
Mais qu'as-tu connu des malheurs du monde dont nous déjeunions tous les midis, dont nous dînions tous les soirs, dont nous rêvions toutes les nuits ? Nos lumières nocturnes étaient faites des
fusées brûlantes de la terreur et de la mort et nos pensées étaient occupées à trouver nourriture et refuge pour nos fils !
Qu'as-tu pensé lorsque de loin, tu voyais s'embraser les collines ? Qu'as-tu senti lorsque la misère s'est emparée de nos foyers et de nos vies, et qu'elle nous a traîné dans les rues sans
sourciller ?
Ton roman est un mythe que tu as trempé dans les mers et qui fuit comme les eaux la véritable histoire de ta vie. Approche-toi de moi Popol, que je te raconte à nouveau la bêtise et la guerre, la
vraie, l'infinie bêtise et l'histoire de ceux qui l'ont vécue et cultivée.
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